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Le nomade éternel

par Mona Ozouf, Le Nouvel Observateur

A peine le recueil de poèmes de Nicolas Bouvier - « le Dehors et le Dedans », une édition enrichie de nouveaux vers - était-il sur la table que tombait à la radio la nouvelle de sa mort. Pour tous ceux qui ont noué avec Nicolas Bouvier, à travers ses écrits, une relation fraternelle, c'est une raison de plus pour s'y attarder : la poésie avait à ses yeux une fonction consolatrice. Et on s'arrête alors tout net devant ces vers : « Quand tisonner les mots pour un peu de couleur/ne sera plus ton affaire/Quand tout aura revêtu la silencieuse opacité du houx/ce jour-là/ quelqu'un t'attendra sur le bord du chemin/pour te dire que c'était bien ainsi/que tu devais terminer ton voyage/tout à fait démuni. » Au long des routes parcourues par Nicolas Bouvier, de Laponie en Anatolie, du Tibet à l'Irlande, la pensée de la mort l'a toujours accompagné. Il n'avait, disait-il, jamais pu échapper à la méditation du moment où il faudrait franchir cette douane aux tarifs inconnus. Il s'en félicitait. Il jugeait funeste la discrétion dont l'Occident entoure ses morts, et n'avait que dérision pour les enterrements de Genève, avec « leurs visages de beurre, leurs gants blancs, leurs limousines silencieuses ». La vive conscience de n'avoir à faire sur cette terre qu'un pauvre parcours transitoire entraîne en revanche à ouvrir l'oeil et l'oreille, à ne rien perdre des bruits, des couleurs, des odeurs du monde. Nul pathos donc dans son évocation de la mort ; mais l'assentiment, mêlé de curiosité, pour l'instant d'extrême dénuement, qu'elle doit être tout juste capable de vous arracher cette phrase : « C'est donc ainsi. »

Or c'est aussi la phrase qui rythme les voyages : voyager, c'est apprendre à mourir. Car Nicolas Bouvier est un voyageur étrange. Non seulement c'est un Suisse de l'espèce nomade, qui proteste à lui seul contre l'image rangée, industrieuse et placide de son pays d'horloges et de coucous. Mais parmi toutes les variétés possibles de voyageurs, il est de ceux qui tiennent le voyage pour une école, non d'enrichissement, mais d'appauvrissement. La pratique des grands chemins, tout comme la pensée de la mort, dégonfle l'ego et fait découvrir qu'on n'est rien ; les dangers de la route obligent à se débarrasser des cargaisons superflues ; la fatigue hallucinatoire de la marche à pied vide l'esprit. Nicolas Bouvier a un faible pour les pays accordés à ce vide - le Japon frugal, l'Irlande laconique - et pour les paysages déshérités : une grève allongée dans la brume, deux tourbières désolées, trois chevaux noirs suffisent à l'exaltation du voyageur.

Que gagne-t-il à tout ce vide, en lui et autour de lui ? D'abord la sûreté du coup d'oeil. Si le voyageur en sait trop, il y a tout à parier qu'il passera sans les voir devant l'oeil phosphorescent d'un renard, l'arbre griffu au bord d'un verger taché de neige, la rosette qui brille sur le veston d'un important « comme un petit oeil irrité », et, au-delà d'un visage solennel, « le filet de vie intérieure comme une humble courette derrière une porte à fronton ». Ce qu'a tout de suite saisi le voyageur sans préjugés ni bagages. Même si - comme Nicolas Bouvier dans les dix jours qu'il passe aux îles d'Aran - il a le corps secoué par la fièvre et les jambes coupées dès qu'il quitte l'édredon bleu de sa chambre chaulée, il a capté dès l'arrivée la sévère bichromie des îles, la royauté encolérée d'un vent qui ne se lasse jamais, rend les îliens muets, et emporte sans recours tout sentiment stable du moi.

Une autre promesse encore est faite au voyageur démuni : il peut espérer atteindre ce qu'il y a de plus difficile dans l'existence humaine ; éviter l'anticipation et la précipitation ; se faire présent au présent ; saisir l'essentiel en soi, car « la route vous plume, vous rince, vous essore, vous rend comme ces serviettes élimées par les lessives qu'on vous tend avec un éclat de savon dans les bordels ». Peut-être enfin - car l'observateur réaliste et minimaliste qu'est Nicolas Bouvier est aussi un visionnaire - aborder « ce terrifiant point zéro de l'existence, au-delà duquel il doit encore y avoir quel- que chose ». Où le voyage, une fois de plus, rencontre la mort.

A cet éloge du dénuement, il ne faudrait pas se laisser prendre au point d'en faire un éloge de l'in- culture. L'ignorance de Nicolas Bouvier est une innocence seconde, reconquise sur d'immenses connaissances. Il a raconté dans « Routes et déroutes » son enfance immergée dans les livres, son adolescence dans un milieu cultivé où passaient Melville, Yourcenar, Hermann Hesse, Musil... Au jeune homme chargé de savoirs et comblé de dons, promis à une brillante carrière universitaire, la vie avait réservé encore une chance. L'intelligence d'un père auquel il peut confier que le taraudent la passion des voyages et le dégoût d'une existence assise, et qui met une seule condition aux départs hasardeux et aux trajets incongrus : tout lui raconter au retour. Nicolas Bouvier s'est donc accoutumé très tôt à devoir acquitter en mots ses errances, ses bivouacs et ses rencontres. Non sans difficulté à vaincre la page blanche, mais avec le souci de trier les mots les plus justes. Et dans ce serment fait au père a tenu aussi notre immense bonheur de lecteurs.

© Le Nouvel Observateur, www.nouvelobs.com

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Un regard épuré et une écriture émerveillée
pour arriver à saisir le grain du monde

par Jacques Meunier, Le Monde

Mieux que personne, Nicolas Bouvier a su donner le change : sous couleur d'évasion, il rapporte des images qu'il travaille avec la ferveur d'un miniaturiste. Il est concret et visuel. Sa prose, alerte et émerveillée, fait quelquefois songer à Bruegel et à Chagall. Son goût de l'adjectif l'apparente aux conteurs orientaux et son art de la digression à Laurence Sterne. Ses carnets de route sont pleins de mots ronds, de mots chauds, de mots qui font univers. La réussite de cet écrivain-voyageur vient de ce que sa qualité de voyageur n'annihile pas ses qualités d'écrivain. L'expérience de l'ailleurs le subjugue et, surtout, lui permet d'affiner son regard et de se délester du superflu. Voyager, pour lui, est autant une affaire de curiosité que d'hygiène : il part pour dans tous les sens de l'expression en avoir le coeur net.

Nicolas Bouvier est né le 6 mars 1929, au Grand-Lancy, près de Genève. Chétif, introverti, petit dernier d'une famille de trois enfants, il n'a pas trop aimé ses années d'apprentissage. "J'ai été élevé dans un milieu huguenot, à la fois rigoriste et éclairé, très ouvert intellectuellement, mais où tout l'aspect émotif de l'existence était sévèrement géré", me confiait-il un jour. Et, comme au ralenti, avec un rien d'accent genevois, d'ajouter : "Le mot ``échec`` manquait à mon vocabulaire comme un des jours de la semaine qu'on aurait escamoté."

Il a raconté dans "Thesaurus pauperum" (revue Gulliver no 2 et 3, juin 1990), dans L'Echappée belle (Métropolis, Genève, 1996) et dans Routes et déroutes (Entretiens avec Irène Lichtenstein-Fall, Métropolis, Genève, 1992) comment était née son "impatience du monde". Entre six et sept ans, il lit tout Jules Verne, Curwood, Stevenson, London et Fenimore Cooper cela lui est facilité par le métier de son père : bibliothécaire, et il regarde son milieu avec un soupçon d'incrédulité. "A huit ans, je traçais avec l'ongle de mon pouce le cours du Yukon dans le beurre de ma tartine. Déjà l'attente du monde : grandir et déguerpir." Le jeune Nicolas sait donc par avance qu'il n'acceptera pas la vie "clés en main" qui lui est promise. Son désir d'errance ira en s'affirmant.

Vient le temps des "maraudes adolescentes" : Bourgogne, Toscane, Provence, Flandres. Peu à peu, délaissant sa passion du piano et une brève lubie pour la critique musicale, il étend son rayon d'action : Sahara, Laponie, Anatolie. Ces différents voyages feront l'objet de quelques articles dans La Tribune et La Suisse. Une marche de trois jours dans la toundra finlandaise ponctuée de bivouacs à la belle étoile le convainc qu'il est fait pour l'"état nomade". Après avoir passé deux licences en parallèle (lettres et droit), étudié un peu le sanscrit et suivi des cours d'histoire médiévale, caressé l'idée d'une thèse (l'étude comparative de Manon Lescaut et de Moll Flanders), il décide, en compagnie de Thierry Vernet, qu'il tient pour son "jumeau psychologique" et son "compagnon intemporel", de partir "sans esprit de retour". Ces deux ans de tribulations, à bord d'une Fiat Topolino, les mèneront de la Yougoslavie jusqu'aux Indes. Thierry peint et Nicolas écrit. En 1963, huit ans après le début de leur dérive, ils publieront un livre polyphonique et vagabond, un chef-d'oeuvre : L'Usage du monde (Droz, Genève, 1963; Julliard, 1965; La Découverte, 1985; Payot, 1992).

Poursuivant son voyage en solo, Nicolas Bouvier s'arrête à Ceylan, où il est saisi par la solitude et la déprime. Pris par l'ambiance maléfique de la ville de Galle, frappé par une peine de coeur, submergé par le lieu, il manque de perdre pied. Le Poisson-scorpion (Bertil Galland/Gallimard, 1981, Prix de la critique 1982; Payot, 1990; Folio, 1996) qu'il publiera seulement en 1981 narre cette histoire d'enlisement. Petit livre noir, surécrit, le récit, mi-vécu, mi fantasmé, irradié d'exotisme douloureux, fait penser à La Nausée de Jean-Paul Sartre et à Ecuador d'Henri Michaux.

Cet épisode, dont Nicolas Bouvier aura du mal à se défaire, explique peut-être son engouement immédiat pour le Japon, où, entre 1964 et 1965, il semble renaître à lui-même. Le pays, en plein décollage économique, le fascine et le stimule. Il y trouve bonheur et insertion. Les mots-clés de son esthétique nomade reviennent alors sous sa plume : légèreté, gaieté, courage, mais aussi la série de ses thèmes favoris qui se déclinent à partir de la même lettre de l'alphabet : la fatigue, la flânerie, la fraîcheur, la fatalité, la frugalité, les femmes. Japon (Rencontre, Lausanne, 1967), réédité sous le titre de Chronique japonaise (L'Age d'homme, Lausanne, 1975; Payot, 1989) et augmenté, à la suite d'un troisième séjour, dresse le portrait historique et moral d'une société, mais il porte aussi, en filigrane, le credo de l'auteur : pour s'exposer, il faut faire tomber l'armure. Pour renaître et retrouver ses sensations, pour toucher à l'essentiel, il faut d'abord se détruire...

Myope et gaucher, sujet à la neurasthénie, bon buveur, Nicolas Bouvier affiche en public une élégance fraternelle et sereine. Dandy dans l'expression, soignant son négligé et s'abritant derrière un humour feutré, il ne sacrifie cependant rien de sa vie intérieure. Ceux qui le rencontrent sont moins impressionnés par sa carrure littéraire que par ce qui, de toute façon, l'aurait distingué eût-il été juge, pianiste ou chaudronnier : c'était une belle personne. Rien, chez lui, ne trahit le "petit homme", le littérateur envieux et condescendant. Il est tel qu'il se montre dans ses voyages. L'attention toujours en éveil et, sous la paupière tendre, l'oeil narquois.

Poète, photographe, iconographe, homme de radio et de télévision, guide touristique en Chine, professeur, visiteur aux Etats-Unis, Nicolas Bouvier aura été comme dans Kipling le Sais de Me Youghal un homme protée. Sédentaire, il change volontiers de casquette, comme si la diversité devait compenser l'immobilité provisoire. Cette polarité se retrouve dans sa production littéraire : il équilibre les livres "à façon", comme Vingt-cinq ans ensemble (Une histoire de la Télévision suisse romande (trois volumes), SSR, Lausanne, 1979), Les Boissonnas, une dynastie de photographes (Payot, Lausanne, 1983) ou L'Art populaire (Desertina Verlag, Pro Helvetia, 1991), par des recueils de textes extrêmement libres et fortement écrits, tels que Journal d'Aran et d'autres lieux (Payot, 1990) et Le Hibou et la Baleine (Zoé, Genève, 1993). Peu importe qu'il voyage ou non puisque, rompu au principe de la "double distillation", il se re-souvient. Voilà pourquoi, aussi, reclus dans sa thébaïde de Cologny, il aime passer de longues heures entre sa femme, ses deux enfants, ses livres, ses disques et ses chats. Eliane "toute droite sortie d'un poème de Paul-Jean Toulet" sera une compagne d'escale et d'escapades, une femme qui lui ressemble et à qui il dédie ce qui finalement, à ses yeux, a le plus de prix : ses poèmes (Le Dehors et le Dedans, La Découverte, 1991).

Nicolas Bouvier manquera beaucoup à la tribu informelle des écrivains-voyageurs. Non parce qu'il était un chef de file honneur qu'il récusait, mais parce que, sans lui, il leur semblera plus difficile de trouver le mot juste, que les images fugaces risqueront de s'éclipser, que le grain du monde, enfin, si délicat à fixer, pourrait bien, par maladresse ou inadvertance, leur échapper. André Breton, dont il n'appréciait guère le ton péremptoire, avait bien vu le danger : le réel s'appauvrit de n'être pas énoncé.

© Le Monde, www.lemonde.fr

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L'échappée belle

par Michel Audétat, L'Hebdo

Il y a bientôt trente ans de cela, sur une île au large des côtes coréennes, Nicolas Bouvier s'était arrêté devant des tombes chamaniques. Paysage bosselé et d'un vert tendre. Lumière matinale. Quelque chose de léger qui flotte dans l'air. Rien dans ce cimetière qui évoque le châtiment, la douleur, mais une sorte de béatitude ensommeillée à laquelle on s'accorde sereinement. C'était un lieu parfait, d'une simple évidence, comme il s'en présente parfois au voyageur disponible qui se laisse conduire par la route. Nicolas Bouvier avait alors pensé: «Je reviendrai mourir ici.»

Nicolas Bouvier n'est pourtant pas mort en Corée mais à Genève où il était né, en mars 1929, et on reste devant cette disparition avec le sentiment d'une dette énorme. «L'usage du monde», «Chronique japonaise», «Le poisson scorpion», «Journal d'Aran et d'autres lieux», «Le dehors et le dedans»... Ces livres nous ont fait aimer le monde, nous l'ont rendu moins étranger, un peu plus fraternel et habitable. C'est une oeuvre dense et forte, dans laquelle on respire, qui prend le large, offre des bonheurs de lecture à chaque ligne, mais où tremble également une conscience inquiète: celle d'un homme qui, aussi loin qu'il soit allé, n'a jamais eu l'intention de se fuir.

«L'usage du monde», son premier livre, traverse les pays balkaniques, les vastes terres anatoliennes, l'Iran et l'Afghanistan avant d'arriver à ce constat: «Comme une eau, le monde vous traverse et pour un temps vous prête ses couleurs. Puis se retire, et vous replace devant ce vide qu'on porte en soi, devant cette espèce d'insuffisance centrale de l'âme qu'il faut bien apprendre à côtoyer, à combattre, et qui, paradoxalement, est peut-être notre moteur le plus sûr.»

On passe son enfance le nez dans les atlas, derrière les murs de la bonne société genevoise, et on se retrouve un jour dans une Fiat Topolino zigzaguant sur les routes d'Asie centrale. Comme Charles-Albert Cingria, Blaise Cendrars ou Ella Maillart, Nicolas Bouvier appartient à cette Suisse vagabonde qui n'a jamais eu beaucoup de goût pour les ambiances confinées et les macérations locales. Comme Paul Valéry, il a par ailleurs toujours eu le sentiment que l'Europe n'est pas grand-chose d'autre qu'un petit promontoire de l'Asie.

Sa première échappée belle («L'usage du monde»), en 1953 et en compagnie du dessinateur Thierry Vernet, l'entraîne donc vers l'Est, à travers cette continuité, pas seulement territoriale, qui nous relie intimement aux extrémités de l'Asie jaune. Au-delà il y a encore le Japon: celui que Bouvier retrace dans les «Chroniques japonaises», léger, drôle, terriblement aimable avec ses temples et ses bordels, plus proche de Rabelais que de Mishima. Plus loin on quitte l'Orient pour l'Occident: Bouvier attendra la soixantaine avant de se risquer en Amérique.

Iconographe et écrivain, Nicolas Bouvier fut plus discrètement porté par une âme de musicien. Devant la beauté du monde, il voulait «ouvrir l'oeil pour rendre justice aux choses, dresser l'oreille pour déchiffrer la musique qui seule les fait tenir ensemble...» («Le poisson scorpion»). Mais les mots peuvent-ils rendre quelque chose de cette musique? Chez Bouvier, l'écriture fut toujours une longue patience. Il lui fallait attendre que les souvenirs décantent, rassembler ce qui était dispersé, et se mettre à l'établi. Son oeuvre n'est pas large, moins de dix livres, mais sculptée avec une précision d'orfèvre et finement concentrée.

On aurait tort d'imaginer le voyage comme un agrément. Chez Bouvier, il vide, use, érode, épuise, tanne la peau, détraque le corps, entame la chair, fait chèrement payer la liberté intérieure qu'il délivre malgré tout. A la fin du «Poisson scorpion», récit fiévreux et halluciné d'un séjour à Ceylan, figure cette citation de Louis-Ferdinand Céline: «La pire défaite en tout c'est d'oublier et surtout ce qui vous a fait crever.» Mais le voyage ramène aussi à l'essentiel, apprend la frugalité, dépouille, rend poreux, allège.

Paradoxalement, c'est par cette approche du vide que s'éprouve pleinement la connivence avec le monde. Il y a parfois, dans les voyages de Bouvier, des creux où le temps lui-même paraît suspendu. Comme cette arrivée en Iran: «Un soir, on atteint une ville déjà obscure où de minces balcons à colonnes et quelques dindons vous font signe. On y boit avec deux soldats, un maître d'école, un médecin apatride qui vous parle allemand. On bâille, on s'étire, on s'endort. Dans la nuit la neige tombe, couvre les toits, étouffe les cris, coupe les routes... et on reste six mois à Tabriz, Azerbaïdjan.»

© L'Hebdo, www.webdo.ch


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