Le dehors et le dedans

Bertil Galand, qui fut l'éditeur de Nicolas Bouvier, disait que "pour atteindre le coeur de cet homme, il faut rouvrir le mince volume qui contient tous les poèmes qu'il écrivit". Un recueil baptisé Le dehors et le dedans, rédigé sur les routes et à la maison entre 1953 et 1997, dans lequel le voyageur montre qu'il est avant tout un écrivain. Et que les mots sont un monde dont on ne fera jamais le tour.

La plume de Nicolas Bouvier, virevoltant dans les airs d'ici et d'ailleurs, tantôt légère, tantôt grave, toujours fine, est plus belle que jamais. Qu'importe si certains poèmes nous parlent moins que d'autres : l'ensemble est d'une richesse étonnante. C'est New York qui vibre dans Perdido Street, l'éternité qui vogue dans Le point de non-retour, les regrets qui font mal dans Fermeture du marché, le bonheur qui pleut dans Printemps kurde, la fin qui s'approche dans Love song III, la fin qui est là dans Morte saison./fm