| Autour de Nicolas Bouvier - Résonances
Faisant suite à une journée d'études organisée à l'Université de Pau en novembre 1999, ce livre regroupe une vingtaine de textes, témoins de "la résonance" qu'ont eue et qu'ont toujours les mots de Bouvier. Mots qui, selon Nadine Laporte, "poussent à voyager, à lire, à écrire, à peindre, à créer". Un peu trop universitaires parfois (et donc nullement redondantes avec le léger mais profond Vent des routes - hommage à Nicolas Bouvier), ces résonances n'en montrent pas moins la richesse de l'oeuvre de Bouvier. Laquelle, comme l'écrit Arnaud Bertina, "possède une logique", chaque livre prolongeant "le travail du précédent, l'écriture s'affirmant par là toujours moins médiate, le narrateur toujours plus transparent, lieu toujours plus ouvert et réceptif à la dimension polyphonique du monde". Jean-Xavier Ridon relève, lui, une constante : "On pourrait dire de tous les textes de Bouvier qu'ils sont constitués d'une mosaïque de pannes, et que par là ils nous offrent une poétique de l'interruption. Cette poétique n'est pas sans rappeler le type d'errances que les surréalistes utilisaient dans leurs flâneries urbaines." L'auteur poursuit sa réflexion en s'intéressant au peu d'intérêt qu'avait Bouvier pour son "moi" : "Ce à quoi [il] voudrait parvenir, ces sont ces instants privilégiés où cette conscience de soi disparaît, moments presque épiphaniques où le monde cesse d'être une représentation pour le voyageur, qui s'y retrouverait presque fondu."/fm |