| Le vent des routes - Hommages à Nicolas Bouvier
Réunissant treize textes et une dizaine de photographies, ce petit recueil aurait dû être remis à Nicolas Bouvier en mai 1998, lors de l'exposition Le Vent des routes qui lui était consacrée. Mais, comme le note Pierre Starobinski, "les services postaux de l'au-delà fonctionnent à sens unique et cette dernière douane" que l'écrivain a franchi "à pas de loup laisse peu d'espoir au facteur qui devait [lui] apporter ces témoignages d'amitié". Le livre est ainsi devenu un hommage décliné au pluriel. Pas question, ici, d'analyse ou de critique de l'oeuvre de Nicolas Bouvier (mis à part les Quatre éléments de Michel Audétat, intéressante réflexion sur le froid, le sommeil, l'eau et le vent chez Bouvier). On y déniche par contre des mots empreints d'une profonde admiration - à commencer par ceux d'Olivier Bauer, qui signe un portrait très sensible du "magicien de l'adjectif et maître de la lenteur" -, les souvenirs de son premier éditeur Bertil Galland ou encore l'éloge de l'écrivain par Jean Starobinski ("ses livres n'ont pas la moindre lourdeur, leur tempo est incomparable"). Perle de ce recueil à mon sens : Marcher, de Christophe Gallaz. "Etre au monde. Etre un corps sur ses pieds. Aimer ce corps ou ne pas l'aimer. En être étonné. Essayer de l'habiter, le sentir extérieur à soi, le mettre à l'épreuve, en faire son moyen d'exploration, le désirer comme intrument de mesure." Cinq petites pages qui invitent autant à la flânerie qu'à la lecture./fm |